Lutte contre la corruption : le cas des caricatures politiques ghanéennes

Lors de délibérations sur des questions vitales pour la société, on a tendance à témoigner (et à juste titre !) que ces discussions se déroulent principalement dans des canaux formels.

Cette pratique légitime nous aveugle sur certaines positions critiques non officielles, comme dans les genres médiatiques populaires, qui traitent de manière égale et critique de graves problèmes collectifs.

Dans cette pièce, nous démontrons comment certaines caricatures politiques au Ghana (par Anadan et The Black Narrator) ont influencé de manière cruciale le grave problème de la corruption dans certains secteurs du pays. Ce faisant, ces artistes proposent, à leur manière, des solutions à cette menace.

En examinant la bande dessinée The Black Narrator intitulée “The Fight Against Corruption”, l’artiste dépeint des professionnels (par exemple un policier, un juge, un pasteur et un homme d’affaires international) fermement ancrés dans ce qu’ils semblent être un “baobab” vieux de plusieurs siècles. arbre de la corruption.’

Lutte contre la corruption

Une caractéristique de ceux qui sont assis sur cet arbre est évidemment leur partenariat intime et corrompu avec la richesse financière. On voit aussi une foule déterminée à se débarrasser de la “résidence permanente” apparente de ces professionnels. Malgré la volonté visible des gens d’éradiquer la pratique et les personnes qui y sont associées, on voit l’intérêt de certaines de ces personnalités corrompues à « marchander » avec la foule mécontente en les « inondant » d’argent. La bande dessinée suggère plusieurs choses. L’un est la nature omniprésente de la corruption dans certains secteurs clés de la société.
Nous sommes témoins de la gravité de la propagation de cette pratique cancéreuse dans la façon dont ceux qui sont sur l’arbre semblent à l’aise dans leur conviction que les masses ne peuvent pas se débarrasser de leurs pratiques corrompues.

La seconde est que l’acte même des masses de libérer par la force la corruption par leurs propres efforts indique leur conviction que la pratique ne peut être éradiquée en faisant appel à la conscience brûlée des dirigeants élus et des fonctionnaires qui y sont impliqués. les comportements de corruption y sont ancrés depuis l’enfance jusqu’à l’éducation.

Si la bande dessinée « La lutte contre la corruption » est un large appel à la mobilisation populaire pour lutter physiquement pour mettre fin à la corruption financière dans la fonction publique, alors la bande dessinée « Quel choc ! met catégoriquement en évidence le système judiciaire comme une institution clairement corrompue dans laquelle nous avons désespérément besoin de tactiques peu orthodoxes pour débarrasser ce secteur des juges corrompus.

Quel choc!

Le dessin animé montre une vidéo d’un homme enregistrant trois juges visiblement choqués, fermement enchaînés et plongés dans la “corruption”. À première vue, la caricature représente simplement l’enquête secrète d’Anas qui a fourni des preuves visuelles solides d’une corruption massive dans le système judiciaire ghanéen. Cependant, la caricature, en termes d’aspects tels que les fesses révélées d’un juge, peut être lue comme un dépouillement symbolique de leur pouvoir social et de leur autorité morale en tant qu’arbitres d’une justice impartiale.

De plus, en décrivant les méthodes d’infiltration réelles qu’Anas a utilisées (y compris le déguisement facial et l’enregistreur audio-vidéo secret) pour exposer la profondeur de la corruption dans le système judiciaire, la bande dessinée suggère que l’éradication de cette menace nécessite des individus normaux et inébranlables qui sont assez audacieux pour exprimer leurs valeurs dans cette entreprise. Dans les deux dessins animés, la conviction de The Black Narrator est ressentie que les citoyens ordinaires ont la capacité d’éliminer et / ou de minimiser la corruption. Cette perspective remet clairement en question la simple rhétorique de certains politiciens ghanéens selon laquelle ils possèdent la “volonté politique de lutter contre la corruption”. Ici, le projet visuel du dessinateur met en lumière les actes concrets de la lutte contre la corruption par le peuple.
L’artiste Anadan est confrontée à un type de pratique de corruption qui existe dans certaines institutions universitaires associées au sexe pour les diplômes universitaires.

Sexe pour les votes

Dans le dessin animé, une écolière, vêtue d’une minijupe et d’une tenue sans manches et taille haute, négocie une bonne note en échange de relations sexuelles par le biais de la proposition sexuelle générale apparemment non sollicitée pour que l’enseignant fasse ce qu’il veut pour elle. L’audace de l’étudiant d’être à l’intérieur de l’espace de travail du professeur et son regard fixé sur la poitrine de la femme (à travers la flèche de l’artiste dans cette direction) suggèrent également que le professeur semble disposé à accepter les termes sexuels d’« évaluation des notes ».

Cependant, ils s’abstiennent tous les deux, avec empressement, sachant que leurs méfaits potentiels pourraient être révélés. Le génie de l’objet de cette caricature est qu’elle « résout » le problème de cette prétendue prévalence de la pratique du sexe pour les grades académiques dans certaines universités. Cependant, dans la vraie vie, malgré la forte perception de l’existence de la pratique, nos conversations informelles avec certains collègues de certaines universités du pays nous ont fait prendre conscience que les autorités n’ont pas mis en place de mesures pour gagner la confiance des étudiants dans le signalement des cas de harcèlement. sexuelle en échange de bonnes notes.

En conséquence, il y a eu peu de preuves tangibles pour déclencher des discussions sérieuses menant à des mesures pour aider à endiguer cette pratique présumée grâce à une éducation anti-corruption. Ainsi, la caricature cherche à mettre en évidence la question du sexe par des votes, peut-être pour forcer un débat général sur la question et encourager la transparence par l’éducation à la corruption.

Les trois caricatures abordées dans cet article soulignent l’urgente nécessité de commencer à éduquer les étudiants à tous les niveaux sur le comportement anti-corruption et de les encourager à le vivre afin d’endiguer la menace de corruption qui sévit dans la nation.

• Les auteurs sont des professeurs de l’Université Ashesi

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